Ful, tu vaux bien le coup. Je te le jure !
Le temps avait une saveur particulière ce matin-là. Les circonstances du moment se prêtaient bien aussi au jeu de séduction de la vie. Je rentrais d'Accra juste la veille. Sur le perron de cette journée qui démarrait en trombe, j'étais attablé avec une dame qui m'avait fait l'honneur de me convier à prendre le petit-déjeuner avec elle. Tout à coup, j'entendis de la bouche de cette dame une phrase qu'elle laissa échapper sans s'en rendre compte et qui captiva toute mon attention : « Ful, tu vaux bien le coup. Je te le jure ! »
L'air tout surpris, je me demandais en mon for intérieur: à qui ou à quoi faisait-elle allusion ? Je n'ai pas osé lui poser la question, de peur de paraître indiscret. La dame et moi avons échangé et mis sur la table les sujets à l'ordre du jour. L'ambiance était bonne. C'était le moment de se quitter dans l'espoir de se retrouver dans le cadre d'un autre rendez-vous. Alors que nous étions sur le point de prendre congés l'un de l'autre, elle sortit la même phrase avec insistance : « Ful, tu vaux bien le coup. Je te le jure ! »
Il me semble qu'elle voulait me passer un message depuis le début. Cette brillante avocate de profession me regarda droit dans les yeux avant de me dire :
-Tu sais Richard, Ful était un gars exceptionnel. C'était un monsieur bien. Roger Fulgence Kassi a marqué son temps et ses contemporains. Mais au-delà de tout, il a permis à bien des personnes de se faire un chemin dans cette vie. J'ai aimé l'homme et ce qu'il incarnait. Il était tout simplement Lui et il a réussi à faire des autres ce qu'ils sont aujourd'hui. Il a transformé des anonymes en célébrités, des gens brisés en des gens remplis de confiance. C'est pourquoi même 30 ans après sa disparition, je ne l'oublie pas. Mieux, j'estime que si cet homme n'existait pas, il aurait fallu le créer. Oui Richard, Ful valait bien le coup. Je te le jure ! Ful aimait la vie. Ful aimait les autres. C'est une qualité de l'homme que je n'oublierai jamais.
J'écoutais Maître Lynda, c'était son prénom, avec la plus grande attention. La juriste confirmée, la dame en or, la grande dame parlait avec déférence d'un homme dont elle saluait la mémoire avec révérence. Elle n'en avait pas fini d'ailleurs avec le sujet :
-Richard, un être humain devrait avoir la présence d'esprit de ne pas vivre que pour lui seul. Il doit apporter quelque chose de magnifique à son entourage et au reste du monde puisqu'on en a tous cette capacité divine. Roger Fulgence Kassi ou encore RFK était un excellent animateur et brillantissime présentateur télé. Il savait harranguer les foules à sa manière. Il faisait rêver. Il poussait les autres à rêver grand. Ful savait booster son monde, et nous avons été nombreux à faire partie de son monde. On aimait bien tout ce qu'il nous proposait avec brio : Podium, Nandjelet, Première chance. Oui Richard, tout ce que je peux te dire pour résumer mon propos : « Ful valait bien le coup. Je te le jure ! »
J'étais stupéfait. En réalité, j'étais admiratif de l'exposé de cette dame qui écrasa une larme à la fin de son discours. Comment peut-on avoir été marqué jusqu'à ce point par une personne ? Quel était ce lien émotionnel si intense entre deux personnes qui n'avaient jamais été des copains d'enfance ou des compagnons de vie directement ? J'ai surtout retenu un élément important du speech de l'avocate : « Ful aimait la vie. Ful aimait les autres. Pour cela, je ne l'oublierai jamais. »
Dans l'exercice de notre vie, il faut savoir maîtriser ses émotions, ses paroles et ses actes. Ils peuvent être notre meilleur allié. Mais en même temps le plus grand danger. Parler pour parler peut tuer les autres ou leur estime de soi. Cela peut aussi les galvaniser et les aider à tracer le chemin de leur bonheur. Vivre pour vivre peut détruire des vies.
Moralité de l'histoire :
Chaque être humain, homme ou femme, est un miroir. On se voit dans un miroir, mais les autres nous regardent aussi à travers ce même miroir. On est suivi. On est évalué par les autres en fonction de l'impact que nous avons sur eux. Autant être à la fois de bonnes personnes et de bons miroirs.
Richard Oulai
Conseiller en communication - Copywriter - Rédacteur de discours
Le temps avait une saveur particulière ce matin-là. Les circonstances du moment se prêtaient bien aussi au jeu de séduction de la vie. Je rentrais d'Accra juste la veille. Sur le perron de cette journée qui démarrait en trombe, j'étais attablé avec une dame qui m'avait fait l'honneur de me convier à prendre le petit-déjeuner avec elle. Tout à coup, j'entendis de la bouche de cette dame une phrase qu'elle laissa échapper sans s'en rendre compte et qui captiva toute mon attention : « Ful, tu vaux bien le coup. Je te le jure ! »
L'air tout surpris, je me demandais en mon for intérieur: à qui ou à quoi faisait-elle allusion ? Je n'ai pas osé lui poser la question, de peur de paraître indiscret. La dame et moi avons échangé et mis sur la table les sujets à l'ordre du jour. L'ambiance était bonne. C'était le moment de se quitter dans l'espoir de se retrouver dans le cadre d'un autre rendez-vous. Alors que nous étions sur le point de prendre congés l'un de l'autre, elle sortit la même phrase avec insistance : « Ful, tu vaux bien le coup. Je te le jure ! »
Il me semble qu'elle voulait me passer un message depuis le début. Cette brillante avocate de profession me regarda droit dans les yeux avant de me dire :
-Tu sais Richard, Ful était un gars exceptionnel. C'était un monsieur bien. Roger Fulgence Kassi a marqué son temps et ses contemporains. Mais au-delà de tout, il a permis à bien des personnes de se faire un chemin dans cette vie. J'ai aimé l'homme et ce qu'il incarnait. Il était tout simplement Lui et il a réussi à faire des autres ce qu'ils sont aujourd'hui. Il a transformé des anonymes en célébrités, des gens brisés en des gens remplis de confiance. C'est pourquoi même 30 ans après sa disparition, je ne l'oublie pas. Mieux, j'estime que si cet homme n'existait pas, il aurait fallu le créer. Oui Richard, Ful valait bien le coup. Je te le jure ! Ful aimait la vie. Ful aimait les autres. C'est une qualité de l'homme que je n'oublierai jamais.
J'écoutais Maître Lynda, c'était son prénom, avec la plus grande attention. La juriste confirmée, la dame en or, la grande dame parlait avec déférence d'un homme dont elle saluait la mémoire avec révérence. Elle n'en avait pas fini d'ailleurs avec le sujet :
-Richard, un être humain devrait avoir la présence d'esprit de ne pas vivre que pour lui seul. Il doit apporter quelque chose de magnifique à son entourage et au reste du monde puisqu'on en a tous cette capacité divine. Roger Fulgence Kassi ou encore RFK était un excellent animateur et brillantissime présentateur télé. Il savait harranguer les foules à sa manière. Il faisait rêver. Il poussait les autres à rêver grand. Ful savait booster son monde, et nous avons été nombreux à faire partie de son monde. On aimait bien tout ce qu'il nous proposait avec brio : Podium, Nandjelet, Première chance. Oui Richard, tout ce que je peux te dire pour résumer mon propos : « Ful valait bien le coup. Je te le jure ! »
J'étais stupéfait. En réalité, j'étais admiratif de l'exposé de cette dame qui écrasa une larme à la fin de son discours. Comment peut-on avoir été marqué jusqu'à ce point par une personne ? Quel était ce lien émotionnel si intense entre deux personnes qui n'avaient jamais été des copains d'enfance ou des compagnons de vie directement ? J'ai surtout retenu un élément important du speech de l'avocate : « Ful aimait la vie. Ful aimait les autres. Pour cela, je ne l'oublierai jamais. »
Dans l'exercice de notre vie, il faut savoir maîtriser ses émotions, ses paroles et ses actes. Ils peuvent être notre meilleur allié. Mais en même temps le plus grand danger. Parler pour parler peut tuer les autres ou leur estime de soi. Cela peut aussi les galvaniser et les aider à tracer le chemin de leur bonheur. Vivre pour vivre peut détruire des vies.
Moralité de l'histoire :
Chaque être humain, homme ou femme, est un miroir. On se voit dans un miroir, mais les autres nous regardent aussi à travers ce même miroir. On est suivi. On est évalué par les autres en fonction de l'impact que nous avons sur eux. Autant être à la fois de bonnes personnes et de bons miroirs.
Richard Oulai
Conseiller en communication - Copywriter - Rédacteur de discours
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